Son vénérable ancêtre se nomme le "Sheng". Il s'agit d'un instrument polyphonique religieux qui apparaît en Chine, environ 2700 ans avant JC et qui constitue sans doute le premier exemple d'utilisation de l'anche libre.
La demande de brevet de "l'accordion" fut déposé le 6 mai 1829
par un fabricant d'orgues et de piano Viennois Cyril DEMIAN.
Il s'agit d'une
sorte de soufflet à bretelles qui sera ensuite rebaptisé " accordéon " et qui
correspond à la naissance de l'instrument populaire.
Il évolue rapidement vers l'accordéon "diatonique " tel que
nous le connaissons.
L'accordéon diatonique a resurgit du passé à la faveur
du mouvement folk des années 70, puis des "Fest-Noz" bretons.
L'accordéon " chromatique" naît des divers perfectionnements
apportés à l'accordion au cours du XIXème siècles dont les
"registres", ce qui donnera naissance au fameux registre musette
qui se développe dans le premier quart du XXème siècle.
En 20 ans, les
Italiens donnent à l'accordéon diatonique et chromatique leurs formes
modernes.
L'accordéon à "touches piano" ou accordéon de concert apparaît lui en 1850.
Mais revenons en 1829. Quelques semaines après le dépôt du brevet de Cyril DEMIAN, Charles WHEATSTONE dépose à son tour et cette fois-ci à Londres, une demande de brevet pour un symphonion à soufflets qui sera rebaptisé en 1833, "concertina". Cet instrument est plus proche de la lignée de l'harmonéon, de l'accordéon de concert. Il tombe en désuétude au début du siècle et ne retrouvera son statut d'instrument populaire qu'avec le retour de la musique folk dans les années 60.
Parmi les cousins de l'accordéon, notons l'harmonica, l'harmonium et un instrument proche du concertina, le "bandonéon". Inventé par Heinrich BAND à la fin des années 1840. Il commence sa carrière dans les temples protestants allemands, démunis d'orgues, puis arrive en Argentine et devient l'instrument privilégié du tango…
. L'instrument puis la danse musette :
Ce terme est associé à de nombreuses images selon la période avant ou après guerre. Il remonte au XIIIème siècle et désigne une sorte de cornemuse. Il donne son nom à une danse, la "musette" et certains compositeurs l'utilisèrent (Bach, Rameau…).
On retrouve en suite son principe de fonctionnement dans les campagnes en particulier dans le Limousin au travers de la cornemuse puis par la fabrication des "cabrettes" à partir de peau de chèvres.
C'est cette cabrette qui devint l'instrument des premiers bals musettes.
Si les premiers bals publics parisiens datent du début du XVIIIème siècle, il faudra attendre le XIXème siècle pour les voir se développer.
Ces bals musettes étaient à l'origine des bals de famille.
Ils furent
ensuite appelés "bals à la musette". Les instruments d'élections y
étaient la vielle, le violon et la cabrette (que les anciens appelaient
musette).
L'implantation des Auvergnats à Paris favorisa dans la capitale la
naissance des bals célèbres tels les Barreaux Verts et chez Bouscatel. Nous
sommes au tout début du XIXème siècle.
Ces bals ont un immense succès durant les "années folles" (1900-1914) mais il faudra attendre la fin de la 1ère guerre mondiale pour voir le genre musette prendre la forme qu'on lui connaît.
On reconnaît 3 types de bal musette :
- Le "bal des
familles", typiquement auvergnat.
- Le "bal musette
populaire" ou parfois la java est interdite.
- Le
"guinche", plus ou moins louche, des truands…
L'arrivée des immigrés italiens sur Paris peu avant 1900, posa de sérieux problèmes dans les bals. Les cabrettaires auvergnat étaient payés à la danse, les accordéonistes italiens voulurent un cachet.
Les Auvergnats décidèrent ensuite en plus du dimanche, d'ouvrir en semaine d'où un remplacement de la clientèle et l'obligation pour l'orchestre de se moderniser en donnant un rôle plus important à l'accordéon ce qui fut le début d'une véritable "guerre" au travers de bagarres mémorables. La ou il y avait de l'accordéon il y avait du baston…
C'est le mariage entre la fille Bouscatel fille d'Antoine Bouscatel "le roi de la cabrette" et Charles Péguri le fils de Félix Péguri, immigrant italien et fabricant d'accordéons qui permit de sceller le pacte…
Ce sont bien des accordéonistes italiens qui, les premiers, jouèrent de cet
instrument dans des bals auvergnat.
Au début du XVIIIème siècle, les bals publics se développent à Paris. Après
la construction du mur d'enceinte des Fermiers Généraux, les bals se trouvent
dispersés les uns des autres par la "barrière" : Ménilmontant, Belleville… Qui
dit barrière, dit taxes et donc trafics… Les gargotes sont alors envahies par
une population de petits trafiquants.
En 1795, on dénombre à Paris 644 bals
de classes différentes…
La rue Lappe et ses environs fut le fer de lance du musette des années 1930 ou d'anciens bals musettes se transformaient en dancing comme le "Balajo" ou "Bousca".
Dans les dancings les femmes portaient des robes plus longues et les gens
étaient bien habillés. L'orchestre jouait des bostons, des tangos, etc…
Dans
les bals musettes comme le "Tourbillon", c'était débraillé et on y dansait la
rumba c'est à dire la "frotteuse". On glissait pour danser en suivant le rythme
de l'accordéoniste et c'est pourquoi les pistes étaient très cirées.
Une
fille qui ne savait pas danser faisait banquette… avec le système des séries : 2
valses, un tango puis une polka, une java, un fox-trot, une rumba et ainsi de
suite.
. La valse musette contre le swing :
La valse musette avec la java c'est la base du musette.
Dans la valse musette, le motif se découpe en trois parties : un aspect
mélodique, des variations et le trio plus calme permettant au danseur de se
reposer. Les danseurs tournent lentement pour ne pas se bousculer. Ce sont des
tyroliennes, les valses champêtres qui se jouent rapidement.
L'arrivée du
swing dans les années 1925 marque un nouvel élan au travers de l'esprit jazz qui
s'en dégage. Mais danser le swing engendrait la bousculade et donc une nouvelle
fois des bagarres… si bien qu'il fut rapidement interdit dans les bals.
Début 40 naît le swing musette.
Chaque village a sa fête appelée "fête votive".
Au départ, le passé catholique de nos villages, avait donné à chaque
communauté, sur des bases souvent légendaires, un saint patron.
Succédant
aux fêtes païennes, la fête votive (fête en vertu d'un vœu), était une
manifestation célébrée par tous en l'honneur d'un saint patron du village, au
jour prévu dans le calendrier, avec ce jour d'allégresse, jeux, danses, et
breuvages copieux qui suivaient souvent les liturgies.
Les autorités religieuses freinèrent les débordements de la joie populaire et de la fête laïque qui appartient au peuple.
Ces fêtes patronales ou "Voto" vont évoluer à partir de la 2ème guerre mondiale, se séparer de la fête religieuse et se dérouler le dimanche le plus proche.
Plus tard, toutes les fêtes vont se décaler aux beaux jours pour donner le calendrier actuel.
D'autres fêtes permettent de renouer des liens avec certains rites comme par exemple, le Corso.
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